SYSCOHADA révisé obligations comptables PME Côte d'Ivoire

Le SYSCOHADA révisé (Système Comptable OHADA Révisé) est le référentiel comptable obligatoire pour toutes les entreprises exerçant dans les 17 pays membres de l'OHADA, dont la Côte d'Ivoire. Publié par l'Acte Uniforme du 26 octobre 2017, il remplace l'ancien SYSCOA de 2001 et s'applique depuis le 1er janvier 2018 en Côte d'Ivoire.

Pour les PME ivoiriennes, maîtriser ce référentiel est une obligation légale, mais aussi un levier de crédibilité vis-à-vis des banques, des administrations fiscales et des partenaires commerciaux. Ce guide complet vous explique tout ce que vous devez savoir : qui est concerné, quels documents établir, quelles nouveautés appliquer et quelles sanctions éviter.

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1. Qu'est-ce que le SYSCOHADA révisé ?

Le SYSCOHADA (Système Comptable de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) est le référentiel comptable unifié de l'espace OHADA. Sa version révisée, publiée le 26 octobre 2017 par l'Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l'Information Financière (AUDCIF), modernise en profondeur les règles comptables africaines.

Historique et contexte

  • 1997 : Création du premier Acte Uniforme comptable OHADA (SYSCOA)
  • 2001 : Refonte du SYSCOA (System Comptable Ouest-Africain)
  • 26 octobre 2017 : Publication du SYSCOHADA révisé (AUDCIF)
  • 1er janvier 2018 : Entrée en vigueur en Côte d'Ivoire (1re application sur l'exercice 2018)
  • 17 pays concernés : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée Équatoriale, Mali, Niger, RDC, Sénégal, Tchad, Togo
Texte de référence

Le SYSCOHADA révisé est issu de l'Acte Uniforme OHADA relatif au Droit Comptable et à l'Information Financière (AUDCIF), adopté le 26 octobre 2017 à Conakry (Guinée). Il est directement applicable dans tous les États membres sans nécessiter de transposition nationale.

Objectifs principaux du SYSCOHADA révisé

  • Harmoniser les pratiques comptables dans l'espace OHADA
  • Rapprocher le référentiel africain des normes IFRS internationales
  • Améliorer la qualité et la comparabilité de l'information financière
  • Intégrer les nouvelles réalités économiques (actifs biologiques, location-financement, etc.)
  • Renforcer la transparence financière pour attirer les investisseurs

2. Qui est concerné par le SYSCOHADA révisé ?

Le SYSCOHADA révisé s'applique à toutes les personnes physiques et morales soumises aux dispositions de l'Acte Uniforme OHADA et exerçant une activité commerciale, industrielle, agricole, artisanale ou de prestations de services à but lucratif dans l'espace OHADA.

Entités concernées

  • Sociétés commerciales : SARL, SA, SNC, SCS, SA simplifiée
  • GIE (Groupements d'Intérêt Économique) à activité lucrative
  • Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC)
  • Associations ayant une activité économique génératrice de revenus
  • Succursales de sociétés étrangères opérant dans l'espace OHADA
  • Coopératives à activité commerciale
  • Commerçants personnes physiques (selon leur régime fiscal)
Attention aux professions libérales

Les professions libérales non commerciales (médecins, avocats en nom propre, etc.) ne sont pas directement soumises à l'AUDCIF mais restent tenues à des obligations comptables fiscales spécifiques en Côte d'Ivoire. Contactez GEDBERED pour connaître votre régime exact.

3. Les 3 systèmes comptables SYSCOHADA : tableau comparatif

Le SYSCOHADA révisé distingue trois systèmes comptables adaptés à la taille de l'entité. Chaque système définit les obligations documentaires minimales à respecter.

Critère SMT — Système Minimal de Trésorerie Système Allégé (SA) Système Normal (SN)
Régime fiscal CI Entreprenant Microentreprises RSI / RNI
Seuil de CA annuel ≤ 50 millions FCFA 50 à 200 millions FCFA > 200 millions FCFA
Méthode comptable Comptabilité de trésorerie Partie double simplifiée Partie double complète
Document principal Livre de recettes-dépenses Bilan simplifié + Compte de résultat allégé Bilan + CR + TAFIRE + Annexes + ESS
Plan de comptes Simplifié (classes 1–7 allégées) Partiel (classes 1–7 avec dérogations) Complet (classes 1–8, avec classe 9 optionnelle)
Commissariat aux comptes Non requis Rarement requis Obligatoire si seuils dépassés
L'Entreprenant : un statut spécifique OHADA

L'Entreprenant est un entrepreneur individuel de très petite taille reconnu par l'Acte Uniforme OHADA révisé en 2014. En Côte d'Ivoire, il correspond au régime de la microentreprise (CA ≤ 50 millions FCFA). Il bénéficie du Système Minimal de Trésorerie (SMT), une comptabilité allégée fondée sur les seuls encaissements et décaissements.

4. Plan de comptes SYSCOHADA révisé

Le plan de comptes SYSCOHADA révisé est organisé en 9 classes de comptes. Chaque classe regroupe des comptes de même nature économique, identifiés par un numéro à 2 chiffres minimum.

  • 1
    Classe 1 — Comptes de ressources durables (Capitaux)

    Capitaux propres, emprunts à long terme, subventions d'investissement, provisions réglementées. Exemples : 101 Capital social, 161 Emprunts ordinaires, 131 Résultat net de l'exercice.

  • 2
    Classe 2 — Comptes d'actif immobilisé

    Immobilisations incorporelles (brevets, fonds de commerce), corporelles (terrains, constructions, matériel), financières (participations, prêts à long terme). Exemples : 211 Terrains, 232 Matériel et outillage, 241 Matériel informatique.

  • 3
    Classe 3 — Comptes de stocks

    Matières premières, produits finis, marchandises, emballages. Valorisés au coût d'acquisition ou au coût de production. Exemples : 31 Marchandises, 32 Matières premières, 35 Produits finis.

  • 4
    Classe 4 — Comptes de tiers

    Créances et dettes vis-à-vis des clients, fournisseurs, État (TVA, IS), personnel, organismes sociaux (CNPS). Exemples : 401 Fournisseurs, 411 Clients, 431 CNPS, 441 État — TVA collectée.

  • 5
    Classe 5 — Comptes de trésorerie

    Banques, caisse, virements internes, effets à payer ou à recevoir. Exemples : 521 Banques locales, 571 Caisse siège social, 502 Effets à recevoir.

  • 6
    Classe 6 — Comptes de charges

    Achats de marchandises et matières (60), Services extérieurs (61, 62), Impôts et taxes (63), Charges de personnel (66), Charges financières (67), Dotations aux amortissements (68). Ces comptes alimentent le Compte de Résultat.

  • 7
    Classe 7 — Comptes de produits

    Ventes de marchandises (701), Prestations de services (706), Produits financiers (77), Subventions d'exploitation (71), Reprises sur dépréciations (79). Ces comptes alimentent aussi le Compte de Résultat.

  • 8
    Classe 8 — Comptes spéciaux (Engagements hors bilan)

    Engagements donnés et reçus non encore réalisés : cautions, avals, garanties, marchés en cours. Informations essentielles reportées en Annexe. Exemples : 801 Engagements de crédit-bail, 821 Garanties reçues de tiers.

  • 9
    Classe 9 — Comptabilité analytique (Nouveauté 2017)

    Intégrée pour la première fois dans le SYSCOHADA révisé. Permet le suivi des coûts par centre d'activité, produit ou projet. Usage facultatif mais fortement recommandé pour les entreprises industrielles et les PME en croissance.

Conseil GEDBERED

Le plan de comptes SYSCOHADA peut être adapté et détaillé selon les besoins spécifiques de votre activité, à condition de respecter la structure à 9 classes et les comptes obligatoires. GEDBERED vous aide à paramétrer votre logiciel comptable (Sage, EBP, ORASS...) en conformité avec le SYSCOHADA révisé.

5. États financiers annuels obligatoires (Système Normal)

Les entités relevant du Système Normal (CA > 200 millions FCFA) doivent établir chaque année un jeu complet de 5 documents financiers appelés états financiers de synthèse. Ces états forment un ensemble cohérent et indissociable.

a) Le Bilan — Situation patrimoniale

Le Bilan photographie le patrimoine de l'entreprise à la date de clôture de l'exercice (généralement le 31 décembre). Il est structuré en deux colonnes équilibrées :

ACTIF (Emplois) PASSIF (Ressources)
Actif immobilisé (Classes 2)
Immobilisations incorporelles, corporelles, financières
Capitaux propres (Classe 1)
Capital, réserves, résultat net
Actif circulant (Classes 3, 4)
Stocks, créances clients, créances fiscales
Dettes financières (Classe 1)
Emprunts, dettes de crédit-bail
Trésorerie-actif (Classe 5)
Banques, caisse, valeurs mobilières
Passif circulant (Classe 4)
Fournisseurs, dettes fiscales et sociales
Trésorerie-passif (Classe 5)
Découverts bancaires, concours bancaires

b) Le Compte de Résultat

Le Compte de Résultat recense toutes les charges (classe 6) et tous les produits (classe 7) de l'exercice. La différence donne le résultat net de l'exercice (bénéfice ou perte).

Il est structuré en soldes intermédiaires de gestion (SIG) : Marge brute → Valeur Ajoutée → Excédent Brut d'Exploitation (EBE) → Résultat d'exploitation → Résultat financier → Résultat net.

c) Le TAFIRE — Tableau de Financement des Ressources et Emplois

Le TAFIRE est spécifique au SYSCOHADA (équivalent du tableau des flux de trésorerie selon IFRS). Il analyse les flux financiers de l'exercice en distinguant :

  • Emplois stables : investissements, remboursements d'emprunts
  • Ressources stables : capacité d'autofinancement, nouveaux emprunts, augmentation de capital
  • Variation du Besoin en Fonds de Roulement (BFR)
  • Variation de trésorerie nette

d) Les Annexes aux états financiers

Les Annexes complètent et explicitent les informations contenues dans le Bilan et le Compte de Résultat. Elles comprennent notamment :

  • État des immobilisations et tableau des amortissements
  • État des provisions et dépréciations
  • État des créances et des dettes (ventilation par échéance)
  • Informations sur les méthodes comptables utilisées
  • Détail des engagements hors bilan (classe 8)
  • Informations sur les parties liées, les dirigeants et les effectifs

e) L'État Supplémentaire Statistique (ESS)

L'ESS est un document spécifique à l'espace OHADA, alimentant les bases de données statistiques de la BCEAO (Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) et de la DSSI (Direction des Statistiques des Structures et des Institutions). Il comprend des données sur l'emploi, les salaires, les investissements et la valeur ajoutée.

Système Allégé : documents simplifiés

Les entités relevant du Système Allégé (CA 50M–200M FCFA) n'ont pas l'obligation d'établir le TAFIRE ni l'ESS. Elles doivent produire un Bilan simplifié, un Compte de Résultat allégé et des Annexes réduites. Le SMT se limite à un livre de recettes-dépenses et un état de rapprochement bancaire.

6. Nouveautés majeures SYSCOHADA révisé vs ancien SYSCOA

Le SYSCOHADA révisé introduit plusieurs innovations majeures inspirées des normes IFRS pour rendre la comptabilité africaine plus moderne et comparable.

Thème Ancien SYSCOA (2001) SYSCOHADA Révisé (2017)
Actifs biologiques Non traités spécifiquement Comptabilisation à la juste valeur (agriculture, élevage, pisciculture)
Location-financement Loyers en charges (hors bilan) Actif et dette au bilan (proche IFRS 16), classes 2 et 1
Avantages au personnel Traitement simplifié (charge annuelle) Provision pour retraite et indemnités long terme (proche IAS 19)
Instruments financiers Coût historique uniquement Valorisation à la juste valeur possible pour certains actifs financiers
Dépréciation des actifs Test de dépréciation non formalisé Test de dépréciation formalisé (proche IAS 36), valeur recouvrable
Subventions d'investissement Traitement unifié partiel Traitement révisé : reprise sur la durée d'utilisation de l'actif subventionné
Immobilisations corporelles Amortissement global Approche par composants (gros entretien, structure, équipements séparés)
Comptabilité analytique Absente du référentiel Classe 9 intégrée (optionnelle)
Actifs biologiques : un enjeu fort pour la Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est directement concernée par le nouveau traitement des actifs biologiques. Les plantations de cacao, hévéa, palmier à huile et autres cultures pérennes doivent désormais être comptabilisées à la juste valeur (ou au coût si la juste valeur n'est pas déterminable de manière fiable), avec un suivi des variations de valeur en résultat.

7. Clôture annuelle et dépôt des états financiers

La clôture comptable annuelle est une obligation fondamentale pour toutes les entités soumises au SYSCOHADA. Elle doit être réalisée dans les délais légaux sous peine de sanctions.

  • 1
    Clôture des comptes — Délai : 4 mois après fin d'exercice

    Pour un exercice clos au 31 décembre, les états financiers doivent être arrêtés au plus tard le 30 avril de l'année suivante. Ce délai inclut la révision, les écritures d'inventaire et les amortissements.

  • 2
    Dépôt de la liasse fiscale à la DGI — Délai : 30 avril

    La liasse fiscale (états financiers + déclarations fiscales : IS, TVA, patente) doit être déposée à la Direction Générale des Impôts (DGI). Le dépôt se fait désormais électroniquement via la plateforme e-Impôts de la DGI-CI.

  • 3
    Dépôt au RCCM — Publicité légale

    Les états financiers annuels doivent être déposés au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) pour assurer la publicité légale. Ce dépôt permet à tout tiers (partenaire, banque, investisseur) de consulter la situation financière de l'entreprise.

  • 4
    Assemblée Générale des associés — Approbation des comptes

    Dans les SARL et SA, une Assemblée Générale Ordinaire (AGO) doit approuver les états financiers dans les 6 mois suivant la clôture. Le procès-verbal d'AGO est un document obligatoire à conserver et à déposer le cas échéant.

  • 5
    Commissariat aux comptes — Certification obligatoire

    Pour les SA et les SARL dépassant deux des trois seuils (CA > 250M FCFA, total bilan > 125M FCFA, effectif > 50 salariés), un commissaire aux comptes doit certifier les états financiers avant leur dépôt.

Retard de dépôt : conséquences fiscales immédiates

Tout retard dans le dépôt de la liasse fiscale expose l'entreprise à une majoration de 25% des droits dus, plus des pénalités de retard de 1,5% par mois. La DGI peut en outre procéder à une taxation d'office sur la base de son propre évaluation du chiffre d'affaires.

8. Sanctions en cas de non-respect des obligations comptables

Le non-respect des obligations comptables issues du SYSCOHADA révisé expose les dirigeants d'entreprise à des risques fiscaux, civils et pénaux significatifs.

Sanctions fiscales (DGI Côte d'Ivoire)

  • Rejet de la comptabilité : si la DGI considère que la comptabilité n'est pas probante (incohérences, pièces manquantes, irrégularités graves), elle peut la rejeter et reconstituer le chiffre d'affaires par des méthodes indirectes.
  • Redressement forfaitaire : en cas de comptabilité rejetée, le bénéfice imposable est reconstitué sur base forfaitaire, souvent très défavorable à l'entreprise.
  • Majorations et pénalités : 25% à 100% des droits éludés selon la gravité (négligence, mauvaise foi, manœuvres frauduleuses).
  • Taxation d'office : en cas d'absence totale de déclaration ou de dépôt hors délai.

Sanctions civiles et commerciales

  • Responsabilité du dirigeant : en cas de liquidation judiciaire avec insuffisance d'actif, le dirigeant peut être tenu responsable si la comptabilité était défaillante (article 185 AUPCAP OHADA).
  • Exclusion des marchés publics : une entreprise sans états financiers récents déposés au RCCM est systématiquement exclue des appels d'offres publics (CNMP, AGEROUTE, etc.).
  • Refus de financement bancaire : aucune banque sérieuse n'accordera un crédit sans au moins 3 années d'états financiers certifiés.

Sanctions pénales

  • Faux en écritures comptables : passible de poursuites pénales pour faux et usage de faux (article 890 et suivants AUSCGIE OHADA).
  • Présentation de faux bilans : en vue d'obtenir un crédit ou un marché public, constitue une escroquerie caractérisée.
  • Abus de biens sociaux : pour les gérants de SARL et SA ayant détourné des fonds en falsifiant la comptabilité.
Protégez votre entreprise

La meilleure protection contre ces risques est une comptabilité régulière, sincère et probante, tenue par un professionnel qualifié. GEDBERED assure la tenue, la révision et la certification de vos comptes conformément au SYSCOHADA révisé.

9. Amortissements et dépréciations selon le SYSCOHADA révisé

L'amortissement représente la consommation économique des actifs immobilisés sur leur durée d'utilisation. Le SYSCOHADA révisé adopte l'approche par composants : chaque partie significative d'un actif ayant une durée ou un rythme d'utilisation différent est amorti séparément.

Méthodes d'amortissement autorisées

  • Amortissement linéaire : dotation constante sur la durée d'utilisation (méthode la plus courante)
  • Amortissement dégressif : dotations décroissantes, admis fiscalement pour certains équipements
  • Amortissement en fonction des unités de production : pour certains actifs industriels (machines, mines)

Durées d'amortissement standards en Côte d'Ivoire

Catégorie d'immobilisation Durée fiscale admise Taux linéaire Compte SYSCOHADA
Constructions en dur 20 à 30 ans 3,33% à 5% 231 / 681
Agencements et installations 10 à 15 ans 6,67% à 10% 232 / 681
Matériel et outillage industriel 5 à 10 ans 10% à 20% 241 / 681
Matériel informatique (ordinateurs) 3 à 5 ans 20% à 33,33% 244 / 681
Mobilier de bureau 10 ans 10% 245 / 681
Véhicules de tourisme 4 à 5 ans 20% à 25% 243 / 681
Véhicules utilitaires et camions 5 ans 20% 243 / 681
Logiciels informatiques 3 ans 33,33% 222 / 681
Brevets, licences 5 à 10 ans 10% à 20% 221 / 681
Fonds de commerce Non amortissable * Test de dépréciation 213 / 691

* Le fonds de commerce n'est pas amorti mais fait l'objet d'un test de dépréciation annuel selon IAS 36 repris par SYSCOHADA révisé.

Dépréciation des actifs

En plus de l'amortissement, le SYSCOHADA révisé impose un test de dépréciation lorsqu'il existe des indices de perte de valeur (baisse du marché, obsolescence, sinistre). Si la valeur recouvrable de l'actif est inférieure à sa valeur nette comptable, une dépréciation est constatée en charge (compte 691).

10. Conservation des documents comptables

L'Acte Uniforme OHADA et le Code Général des Impôts ivoirien imposent des obligations strictes en matière de conservation des documents comptables.

Type de document Durée légale de conservation Base légale
Livres comptables (Grand Livre, Balance, Journaux) 10 ans Art. 30 AUDCIF OHADA
Pièces justificatives (factures, bons de commande) 10 ans CGI Côte d'Ivoire
Relevés bancaires et extraits de compte 10 ans CGI Côte d'Ivoire
Contrats commerciaux et baux 10 ans après expiration Code civil ivoirien
États financiers annuels (Bilan, CR, TAFIRE) 10 ans Art. 30 AUDCIF OHADA
Déclarations fiscales et quittances DGI 10 ans CGI — délai de prescription
Documents de paie (bulletins, états CNPS) 10 ans Code du travail ivoirien
Archivage numérique autorisé

Le SYSCOHADA révisé autorise l'archivage numérique des documents comptables, à condition que les fichiers soient intègres, non modifiables et horodatés. En pratique, une signature électronique qualifiée ou un système de GED (Gestion Électronique des Documents) certifié est recommandé pour valider l'authenticité des archives numériques en cas de contrôle fiscal.

11. Le rôle incontournable de l'expert-comptable

Face à la complexité du SYSCOHADA révisé, l'expert-comptable agréé est le partenaire indispensable de l'entreprise. Ses missions couvrent l'ensemble du cycle comptable et fiscal :

Missions de tenue et d'organisation comptable

  • Paramétrage du plan de comptes aux spécificités de l'entreprise
  • Enregistrement quotidien des opérations (ou supervision de la comptabilité interne)
  • Pointage et lettrage des comptes de tiers (clients, fournisseurs)
  • Rapprochements bancaires mensuels
  • Gestion de la paie et suivi des charges sociales CNPS

Missions de révision et d'arrêté des comptes

  • Inventaire physique des stocks et immobilisations
  • Calcul des amortissements et tableau des dotations
  • Évaluation des provisions pour risques et charges
  • Établissement des états financiers annuels (Bilan, CR, TAFIRE, Annexes, ESS)
  • Préparation de la liasse fiscale pour dépôt à la DGI

Missions de conseil et représentation

  • Interlocuteur principal lors des contrôles fiscaux DGI
  • Optimisation fiscale légale dans le cadre du SYSCOHADA et du CGI
  • Assistance à la demande de financement bancaire (dossier de crédit, business plan)
  • Commissariat aux comptes pour les entités soumises à cette obligation
  • Formation du personnel comptable interne

12. GEDBERED : votre expert SYSCOHADA à Abidjan

GEDBERED est un cabinet comptable et centre de gestion agréé basé à Abidjan, avec deux agences pour vous accueillir : Yopougon Keneya et Cocody Riviera Palmeraie. Nous accompagnons les PME ivoiriennes dans toutes leurs obligations comptables, fiscales et sociales.

Notre offre SYSCOHADA pour les PME

  • Mise en place de votre comptabilité SYSCOHADA révisé (tenue externalisée ou supervision)
  • Choix du système comptable adapté à votre taille (SMT, SA ou SN)
  • Établissement des états financiers annuels certifiés
  • Dépôt de la liasse fiscale à la DGI dans les délais légaux
  • Représentation lors des contrôles fiscaux
  • Formation de votre équipe comptable interne
  • Accompagnement à l'adhésion au CGA (Centre de Gestion Agréé)
Consultation gratuite — Mise en conformité SYSCOHADA

Votre comptabilité est-elle conforme au SYSCOHADA révisé ? Nos experts réalisent un diagnostic comptable gratuit de votre entreprise. Contactez-nous au +225 07 17 62 81 67 ou via WhatsApp pour prendre rendez-vous dans l'une de nos deux agences.

FAQ — Questions fréquentes sur le SYSCOHADA révisé

  • Quelle est la date d'entrée en vigueur du SYSCOHADA révisé en Côte d'Ivoire ?

    Le SYSCOHADA révisé est entré en vigueur en Côte d'Ivoire le 1er janvier 2018. L'exercice 2018 constitue la première année d'application obligatoire pour toutes les entités soumises au droit OHADA. La période transitoire a permis aux entreprises de s'adapter jusqu'au 31 décembre 2017.

  • Quelle est la différence entre le Système Allégé et le Système Normal SYSCOHADA ?

    Le Système Allégé (SA) s'applique aux microentreprises dont le chiffre d'affaires est compris entre 50 et 200 millions FCFA. Il exige un Bilan simplifié, un Compte de Résultat allégé et des Annexes réduites. Le Système Normal (SN) s'applique aux entités dont le CA dépasse 200 millions FCFA et impose un jeu complet de 5 états financiers : Bilan complet, Compte de Résultat détaillé, TAFIRE, Annexes complètes et ESS.

  • Combien de temps doit-on conserver les documents comptables selon SYSCOHADA ?

    Selon l'Article 30 de l'Acte Uniforme OHADA relatif au Droit Comptable, les documents comptables doivent être conservés pendant 10 ans à compter de la date de clôture de l'exercice. Cela concerne les livres comptables, les pièces justificatives (factures, bons de commande), les relevés bancaires, les contrats et les états financiers annuels. L'archivage numérique est autorisé sous conditions d'intégrité et d'horodatage.

  • Le commissariat aux comptes est-il obligatoire pour une SARL en Côte d'Ivoire ?

    Oui, dans certains cas. Une SARL est obligée de désigner un commissaire aux comptes si elle dépasse deux des trois seuils suivants : chiffre d'affaires supérieur à 250 millions FCFA, total bilan supérieur à 125 millions FCFA, ou effectif permanent supérieur à 50 salariés. Toutes les SA (Sociétés Anonymes) sont obligatoirement soumises au commissariat aux comptes, sans condition de seuil.

  • Quelles sont les sanctions si ma comptabilité n'est pas conforme au SYSCOHADA révisé ?

    En cas de comptabilité non conforme ou non probante, la DGI peut rejeter la comptabilité et reconstituer le chiffre d'affaires sur base forfaitaire, entraînant un redressement fiscal majoré de pénalités (25% à 100% des droits éludés). Des sanctions pénales pour faux en écritures comptables peuvent également s'appliquer. L'entreprise risque aussi l'exclusion des marchés publics et le refus de financement bancaire. La mise en conformité avec l'aide d'un expert-comptable agréé reste la meilleure protection.

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